réponse à un article sur les voltes faces de Ségolène R.

réponse à un article sur les voltes faces de Ségolène R.
Réponse à l'article du blog "chronique Trantorienne" sur Ségolène ROYAL.
htt://http://omote.blogspot.com/2006/11/sgolne-royal-un-vrai-homme-politique.html

Qu'est ce qui est le plus gênant : une candidate qui est moins adroite que les autres pour dire tout et son contraire ; où une candidate qui doit faire le grand écart (entre des idées dites de droite et des idées dites de gauche) pour avoir un discourt relativement cohérent et intéressant ?

Par ce qui me frappe dans l'ébauche de campagne : c'est que les candidats se croient obligés de « coller » à leur étiquette de « naissance » (et de leur parti) pour exister et avoir une chance d'être élu. On se croirait aux Etats-Unis : je suis républicain ou Démocrate car le reste n'existe pas ; ou n'a aucune importance.
Bien sûr, aujourd'hui on a une apparition plus conséquente de BAYROU mais bon...y-t-il un espoir de le voir débattre et combattre dans un second tour ?
Car en 2002, si on pouvait évidemment déplorer la présence de LEPEN au second tour ; on a pu surtout déplorer l'absence de débat entre les deux candidats. Et cela n'a ému personne (dans les médias). A croire qu'il est normal qu'un candidat non issue des deux partis les plus importants, ne soit pas pris en considération. Evidemment, je n'étais pas de ceux qui aurait souhaité voir étaler une fois de plus ses idées souvent nauséabondes ; mais là n'est pas le problème. Le problème est bien que 17% des français l'ont amené au second tour, et que cela n'a pas suffit pour qu'une autre voie se fasse entendre (je ne dis pas « écouté »). Dans ce cas, bien sûr, il était sans doute souhaitable d'en rester là mais doit-il en être toujours ainsi ?

Il est fort à parier que cela se reproduirait avec un autre candidat surprise. On s'aperçoit que le débat politique est toujours le même. Les sujets, les thèmes de campagnes sont « confisqués » par les deux partis tour à tour majoritaires. Ceci avec la complicité des médias (notamment télévisuels ; mai pas uniquement). Les principes économiques de bases, les valeurs de la société, et les réponses aux problèmes sont toujours fixés par les mêmes personnes. Rien de nouveau ; pas de débat de fond...surtout pas. Il ne faut pas déranger une machine politico médiatique qui ronronne depuis bientôt 40 ans.
Ce statut quo dans le discours et dans le relais constant des médias, Pierre BOURDIEU le nommait « violence symbolique ». A lire BOURDIEU, on en comprend mieux la force de l'analyse. Car mon cher Daneel : il vaut bien mieux le lire que l'écouter ; il n'a jamais été (à mon humble avis) aussi bon qu'à l'écrit.
Si tu lis « les héritiers » tu te régaleras de son analyse sur les élites.
# Posté le lundi 11 décembre 2006 16:38

Mesdames, Messieurs les candidats, s'il vous plait : "Une nouvelle politique de l'emploi" !

Mesdames, Messieurs les candidats, s'il vous plait : "Une nouvelle politique de l'emploi" !
Pour faire suite à mon premier article ; et pour préciser l'un des sujets qui devrait être au centre de la campagne présidentielle qui débute (après les pérégrination des primaires socialistes et le simulacre d'intronisation de l'UMP) ; voici une réflexion sur ce quoi devrait s'appuyer une nouvelle politique de l'emploi. S'appuyer sur ce type de réflexion (souvent évoqué dans la sphère universitaire) pourrait cette fois être une vrai « rupture » (n'en déplaise à notre Nicolas national et son équipe gouvernementale).

Je n'ai pas souvent pu me nourrir d'un débat contradictoire sur les points qui vont suivre ; alors lachez-vous :

Avant la crise économique des années 70, les relations formation-emploi n'étaient pas sujettes à intervention de l'Etat. En effet, celle-ci se situait principalement sur la formation initiale (l'école). Ces relations étaient donc principalement gérées par le marché. Cette gestion étant préconisée par le courant économique libéral qui voit dans le marché des vertus régulatrices saines et pures restant de fait toujours en adéquation avec les besoins économiques. A mon sens, cette approche, cette gestion reposait (et repose encore aujourd'hui) sur une vision idéaliste (voir théologique) du marché du travail. En effet les libéraux, et les politiques en découlant, reposent leur action (ou leur absence d'action) sur une notion jusqu'alors très peu définit et étudier qu'est le marché de l'emploi. Il est en effet facile de parler de « Marché du travail auto-régulé » si l'on ne cherche pas à savoir ce qui constitue ce marché.
Cette économie de définition, de recherche des constituants et acteurs de ce marché a être faite durant de nombreuses années. Ceci parce que la croissance économique était suffisamment forte pour masquer les faiblesses de cette régulation. Malheureusement la crise économique née dans les années 70 à changer cet état de fait. Et les faiblesses dans l'auto-régulation de la relation Formation-Emploi sont apparues en même temps que la montée du chômage.
C'est pourquoi sont apparues les premières interventions de l'Etat dans cette relation. Ce fût le Plan Barre (mesure en faveur de l'insertion des jeunes) suivi de bien d'autres.

La relation a alors changé. Après un fonctionnement bien huilé axé sur « un diplôme = un emploi », où l'école avait une place primordiale, il a été constaté que ce fonctionnement ne marchait plus aussi bien. La politique de l'emploi est apparue et a reposé sur une volonté de mise en adéquation de la formation et de l'emploi. Malheureusement, là encore on a fait l'économie d'une étude de la fameuse « boîte noire » que représentait le marché du travail. Il fallait formé pour permettre l'intégration des demandeurs d'emploi dans le marché du travail, sans connaître celui-ci. D'où une succession de plans visant a faire évoluer la formation. Ce fût la phase « Insertion-transition ».La « Transition » étant la période de « non-travail » avant le premier emploi.
Or la méconnaissance du marché, issue d'une approche centrée sur les demandeurs plus que sur le marché lui-même, a donné naissance à de nombreuses mesures et organismes. Celles-ci avaient pour missions d'effectuer l'insertion (dans le marché) et la transition (entre deux emplois) par la mise en adéquation entre les emplois non satisfaits et les demandeurs d'emplois. L'approche centrée sur les demandeurs et la méconnaissance du marché a amené une catégorisation du public à « insérer ». On a ainsi assisté à la création des ANPE, des Missions locales, des chantiers d'insertion, et les fameuses et récentes « Maisons de l'emploi » de M. BORLOO.

Ce rapide historique permet de comprendre la politique des structures dites « d'insertion ». En effet il est alors plus facile de savoir pourquoi elles cherchent à mettre en place et financer des formations en adéquation avec les offres d'emploi. Il est aisé de comprendre pourquoi elles orientent le public reçu vers ces formations et ces emplois.
En effet, ces structures doivent faire vite, c'est à dire insérer rapidement, et rendre des comptes à leurs financeurs (Etat, Région, Conseils Généraux,...) qui ont déterminer la marche à suivre (cahiers des charges,...).
Cette « dictature » de la mise en adéquation est d'autant plus vraie aujourd'hui depuis la négociation des partenaires sociaux concernant la gestion de l'UNEDIC ; négociation ayant donnée à l'époque la naissance du P.A.R.E. (Plan d'Aide au Retour à L'emploi) reposant sur le seul point vue des employeurs.

Aujourd'hui les ASSEDIC, l'A.N.P.E., et surtout le Gouvernement, ne parlent plus que de métiers sous-tensions (en manque de main d'½uvre et au recrutement important en nombre) et financent en priorité (pour ne pas dire uniquement) des formations s'y rapportant.
Par conséquent, on peut dire que la relation Formation-Emploi dans le domaine de l'insertion repose sur une mise en adéquation.
Or, si l'on admet:
- que dans une trentaine d'années un grand nombre de métiers seront de nouveaux métiers
- que les salariés devront changer en moyenne trois fois de métiers durant leur vie professionnelle
- que les métiers en « tension », et sur lesquels le monde de l'insertion oriente, sont ceux qui distribuent et précarisent le plus les actifs sur le marché de l'emploi (les bâtiment, la restauration)
il convient de se demander quelle sera la pertinence de cette course à l'adéquation par la formation sur des métiers qui seront au mieux que passagers et au pire disparus.

Après avoir connus le passage de la politique de non-intervention de l'Etat, puis celle de la politique de l'emploi par la mise en adéquation (par insertion-transition) nous devons enclencher une nouvelle mutation.
Il faut que la politique de l'emploi passe à une nouvelle phase : celle du développement de l'autonomie des personnes en insertion et de l'accès à la formation tout au long de la vie. Ceci afin de permettre à ces actifs de réagir face à un marché de l'emploi « galère » qui évolue sans cesse et se segmente. Il est très important, et le sera encore plus durant les prochaines années, que les personnes sachent elle-même « rebondir » et gérer leur galère (tout comme les cadres qui doivent gérer leur carrière).
Si cette quête de l'autonomie ne devient pas l'axe principal de la politique de l'emploi, l'insertion deviendra impossible.

Poursuivre une politique de l'emploi qui vise à pousser les demandeurs d'emploi vers les métiers sois-disant en manque de main d'½uvre (ceci en ne finançant que ces formations et en culpabilisant sur refusant de suivre) n'aboutira qu'à deux choses :
- aider les entreprises des secteurs précarisant ces salariés (en gérant les phases de moindres activités en demandant à la collectivité de payer ses salariés chômeurs, et en formant gratuitement ceux-ci)
- interdire à ces chômeurs de pouvoir se stabiliser et obtenir un jour une évolution professionnelle saines et permettant de consommer normalement et régulièrement
Mais le lobbying de ces secteur d'activités risquent encore de bien travailler ; et ainsi museler une quelconque envie de changement.

Si les candidats pouvaient se prononcer sur ce sujet...ou au moins parler de leur éventuelle politiques de l'emploi. Mais se positionner sur un sujet de société...
# Posté le lundi 11 décembre 2006 11:19

Bientôt les fêtes

Bientôt les fêtes
Bientôt les fêtes, et tout va bien.

Il paraît que le chômage est en baisse, que notre ministre Borloo est le nouveau chevalier de la lutte contre le chômage et la précarité, que notre futur président (ou annoncé comme tel) a mis ce point en priorité pour son futur mandat (j'ai comme une impression de déjà entendu)...

Bref tout va bien. Sauf peut-être que si on enlève les emplois aidés façon Borloo, les emplois précaires comme le CNE (et oui celui là existe toujours), les radiations en masse par des agents ANPE éc½urés, blasés et pourtant zélés...et bien il n'est pas vraiment en baisse ce taux de chômage.
Ce qui est presque drôle, c'est que même en comptant le chômage comme notre ministre et bien,...même comme cela il n'arrive pas à le faire passer en dessous de 8% à quelques mois de la présidentiel c'est quand même ballot.

La priorité de nos énarques de droite, il y a 2 ans était de réduire le chômage en relançant les embauches et en redonnant confiance à nos chers chefs d'entreprise : échec ! Ya qu'eux que cela a surpris mais bon...
Il y a 1 an, la priorité était de faire baisser le taux de chômage (noter le nuance). Il ne s'agissait plus ici de lutter contre le chômage mais bien de faire baisser un taux statistique génant après plusieurs années d'exercice du pouvoir et à un an des nouvelles échéances. Alors là on a embauché le champion, le super-héros de la lutte contre la précarité : j'ai nommé Jean-Louis. Alors là il n'a pas mégoté, il a bossé comme un fou, il s'est trituré les méninges...et il a fait ce que tous les autres avant lui avaient fait: Créer en masse des contrats aidés.

Notez bien que je ne suis pas contre les contrats aidés. Non au contraire, mais encore faudrait-il qu'ils soient conçus avec un objectif autre que de faire baisser un chiffre. Ce gouvernement a débuté son mandat électif par détruire tout ce qui avait été construit en 5 ans : c'est à dire « une politique de l'emploi" . Après le tsunami de M. RAFFARIN, il n'est presque rien resté des réseaux associatifs, politiques et institutionnels (mis à part les officiels et dinosaures de la lutte contre le chômage : Mission locale, ANPE et le super outil de formation et oubliette à chômeurs : l'AFPA).
Qu'est-ce qu'une "oubliette à chômeur" ? Exemple : Notre cher ministre, pressé par le permier d'entre eux de rendre de bons chiffres, a "commander" à l'AFPA de mettre en place une formation bidon dans laquelle pourrait rentrer un maximum de monde. L'AFPA a eu 3 mois pour : créer la formation, trouver les formateurs, et repérer et convoquer les pauvres chômeurs. Ceux-ci ont été victime d'une superbre raffle (que n'aurait pas renié Papon). Résultat : M. BORLOO a pu se pavaner sur les JT et nous "faire péter son chiffre".

A l'arrivée de notre super ministre de la précarité, on pourrait croire qu'il a tenté de reconstruire ce qui avait été défait; et que l'épisode AFPA n'était qu'une erreur...NON, bien sûr que NON. Il a crée des contrats et a communiqué. Il a tellement communiqué que même les professionnels du secteur ont cru qu'il allait ce passer quelques chose. Il n'en a rien été.
Ce qui c'est passé...il faut le demander aux conseillers ANPE. Le discours est édifiant.
Alors...allons nous repartir encore pour 5 ans ?!
Si oui...alors allons nous enfin avoir un « politique de l'emploi ».

En effet, si le taux de chômage baisse, il est intéressant de constater que le nombre de Rmistes a explosé, que les dossiers de surendettements n'ont jamais autant augmenté,etc...bravo M. le Croisé de la précarité. C'est à ce demandé si ce n'est pas lui l'inventeur de la "fracture sociale".

Mais finalement, ce qui est le plus révoltant dans les gesticulations de M. le Ministre, ce n'est pas d'avoir fait comme aussi mal que d'autres,...NON ce qui est le plus révoltant c'est avoir si bien communiquer sur du vent, du rien gonflé à l'hélium...de l'avoir si bien fait qu'il a su garder une image positive qui le pousse à envisager d'être candidat à la présidentielle.
M. BORLOO a au moins réussi a montrer que : le taux de chômage peut baisser pendant que le nombre de chômeurs lui explose. Et que cela suffit à rendre heureux nos énarques.

Ce soir, Jean-Louis si tu me lis : regardes "Zone interdite" ! Tu vas en apprendre des choses.
# Posté le samedi 02 décembre 2006 14:02
Modifié le dimanche 03 décembre 2006 12:33