Pour faire suite à mon premier article ; et pour préciser l'un des sujets qui devrait être au centre de la campagne présidentielle qui débute (après les pérégrination des primaires socialistes et le simulacre d'intronisation de l'UMP) ; voici une réflexion sur ce quoi devrait s'appuyer une nouvelle politique de l'emploi. S'appuyer sur ce type de réflexion (souvent évoqué dans la sphère universitaire) pourrait cette fois être une vrai « rupture » (n'en déplaise à notre Nicolas national et son équipe gouvernementale).
Je n'ai pas souvent pu me nourrir d'un débat contradictoire sur les points qui vont suivre ; alors lachez-vous :
Avant la crise économique des années 70, les relations formation-emploi n'étaient pas sujettes à intervention de l'Etat. En effet, celle-ci se situait principalement sur la formation initiale (l'école). Ces relations étaient donc principalement gérées par le marché. Cette gestion étant préconisée par le courant économique libéral qui voit dans le marché des vertus régulatrices saines et pures restant de fait toujours en adéquation avec les besoins économiques. A mon sens, cette approche, cette gestion reposait (et repose encore aujourd'hui) sur une vision idéaliste (voir théologique) du marché du travail. En effet les libéraux, et les politiques en découlant, reposent leur action (ou leur absence d'action) sur une notion jusqu'alors très peu définit et étudier qu'est le marché de l'emploi. Il est en effet facile de parler de « Marché du travail auto-régulé » si l'on ne cherche pas à savoir ce qui constitue ce marché.
Cette économie de définition, de recherche des constituants et acteurs de ce marché a être faite durant de nombreuses années. Ceci parce que la croissance économique était suffisamment forte pour masquer les faiblesses de cette régulation. Malheureusement la crise économique née dans les années 70 à changer cet état de fait. Et les faiblesses dans l'auto-régulation de la relation Formation-Emploi sont apparues en même temps que la montée du chômage.
C'est pourquoi sont apparues les premières interventions de l'Etat dans cette relation. Ce fût le Plan Barre (mesure en faveur de l'insertion des jeunes) suivi de bien d'autres.
La relation a alors changé. Après un fonctionnement bien huilé axé sur « un diplôme = un emploi », où l'école avait une place primordiale, il a été constaté que ce fonctionnement ne marchait plus aussi bien. La politique de l'emploi est apparue et a reposé sur une volonté de mise en adéquation de la formation et de l'emploi. Malheureusement, là encore on a fait l'économie d'une étude de la fameuse « boîte noire » que représentait le marché du travail. Il fallait formé pour permettre l'intégration des demandeurs d'emploi dans le marché du travail, sans connaître celui-ci. D'où une succession de plans visant a faire évoluer la formation. Ce fût la phase « Insertion-transition ».La « Transition » étant la période de « non-travail » avant le premier emploi.
Or la méconnaissance du marché, issue d'une approche centrée sur les demandeurs plus que sur le marché lui-même, a donné naissance à de nombreuses mesures et organismes. Celles-ci avaient pour missions d'effectuer l'insertion (dans le marché) et la transition (entre deux emplois) par la mise en adéquation entre les emplois non satisfaits et les demandeurs d'emplois. L'approche centrée sur les demandeurs et la méconnaissance du marché a amené une catégorisation du public à « insérer ». On a ainsi assisté à la création des ANPE, des Missions locales, des chantiers d'insertion, et les fameuses et récentes « Maisons de l'emploi » de M. BORLOO.
Ce rapide historique permet de comprendre la politique des structures dites « d'insertion ». En effet il est alors plus facile de savoir pourquoi elles cherchent à mettre en place et financer des formations en adéquation avec les offres d'emploi. Il est aisé de comprendre pourquoi elles orientent le public reçu vers ces formations et ces emplois.
En effet, ces structures doivent faire vite, c'est à dire insérer rapidement, et rendre des comptes à leurs financeurs (Etat, Région, Conseils Généraux,...) qui ont déterminer la marche à suivre (cahiers des charges,...).
Cette « dictature » de la mise en adéquation est d'autant plus vraie aujourd'hui depuis la négociation des partenaires sociaux concernant la gestion de l'UNEDIC ; négociation ayant donnée à l'époque la naissance du P.A.R.E. (Plan d'Aide au Retour à L'emploi) reposant sur le seul point vue des employeurs.
Aujourd'hui les ASSEDIC, l'A.N.P.E., et surtout le Gouvernement, ne parlent plus que de métiers sous-tensions (en manque de main d'œuvre et au recrutement important en nombre) et financent en priorité (pour ne pas dire uniquement) des formations s'y rapportant.
Par conséquent, on peut dire que la relation Formation-Emploi dans le domaine de l'insertion repose sur une mise en adéquation.
Or, si l'on admet:
- que dans une trentaine d'années un grand nombre de métiers seront de nouveaux métiers
- que les salariés devront changer en moyenne trois fois de métiers durant leur vie professionnelle
- que les métiers en « tension », et sur lesquels le monde de l'insertion oriente, sont ceux qui distribuent et précarisent le plus les actifs sur le marché de l'emploi (les bâtiment, la restauration)
il convient de se demander quelle sera la pertinence de cette course à l'adéquation par la formation sur des métiers qui seront au mieux que passagers et au pire disparus.
Après avoir connus le passage de la politique de non-intervention de l'Etat, puis celle de la politique de l'emploi par la mise en adéquation (par insertion-transition) nous devons enclencher une nouvelle mutation.
Il faut que la politique de l'emploi passe à une nouvelle phase : celle du développement de l'autonomie des personnes en insertion et de l'accès à la formation tout au long de la vie. Ceci afin de permettre à ces actifs de réagir face à un marché de l'emploi « galère » qui évolue sans cesse et se segmente. Il est très important, et le sera encore plus durant les prochaines années, que les personnes sachent elle-même « rebondir » et gérer leur galère (tout comme les cadres qui doivent gérer leur carrière).
Si cette quête de l'autonomie ne devient pas l'axe principal de la politique de l'emploi, l'insertion deviendra impossible.
Poursuivre une politique de l'emploi qui vise à pousser les demandeurs d'emploi vers les métiers sois-disant en manque de main d'œuvre (ceci en ne finançant que ces formations et en culpabilisant sur refusant de suivre) n'aboutira qu'à deux choses :
- aider les entreprises des secteurs précarisant ces salariés (en gérant les phases de moindres activités en demandant à la collectivité de payer ses salariés chômeurs, et en formant gratuitement ceux-ci)
- interdire à ces chômeurs de pouvoir se stabiliser et obtenir un jour une évolution professionnelle saines et permettant de consommer normalement et régulièrement
Mais le lobbying de ces secteur d'activités risquent encore de bien travailler ; et ainsi museler une quelconque envie de changement.
Si les candidats pouvaient se prononcer sur ce sujet...ou au moins parler de leur éventuelle politiques de l'emploi. Mais se positionner sur un sujet de société...
Je n'ai pas souvent pu me nourrir d'un débat contradictoire sur les points qui vont suivre ; alors lachez-vous :
Avant la crise économique des années 70, les relations formation-emploi n'étaient pas sujettes à intervention de l'Etat. En effet, celle-ci se situait principalement sur la formation initiale (l'école). Ces relations étaient donc principalement gérées par le marché. Cette gestion étant préconisée par le courant économique libéral qui voit dans le marché des vertus régulatrices saines et pures restant de fait toujours en adéquation avec les besoins économiques. A mon sens, cette approche, cette gestion reposait (et repose encore aujourd'hui) sur une vision idéaliste (voir théologique) du marché du travail. En effet les libéraux, et les politiques en découlant, reposent leur action (ou leur absence d'action) sur une notion jusqu'alors très peu définit et étudier qu'est le marché de l'emploi. Il est en effet facile de parler de « Marché du travail auto-régulé » si l'on ne cherche pas à savoir ce qui constitue ce marché.
Cette économie de définition, de recherche des constituants et acteurs de ce marché a être faite durant de nombreuses années. Ceci parce que la croissance économique était suffisamment forte pour masquer les faiblesses de cette régulation. Malheureusement la crise économique née dans les années 70 à changer cet état de fait. Et les faiblesses dans l'auto-régulation de la relation Formation-Emploi sont apparues en même temps que la montée du chômage.
C'est pourquoi sont apparues les premières interventions de l'Etat dans cette relation. Ce fût le Plan Barre (mesure en faveur de l'insertion des jeunes) suivi de bien d'autres.
La relation a alors changé. Après un fonctionnement bien huilé axé sur « un diplôme = un emploi », où l'école avait une place primordiale, il a été constaté que ce fonctionnement ne marchait plus aussi bien. La politique de l'emploi est apparue et a reposé sur une volonté de mise en adéquation de la formation et de l'emploi. Malheureusement, là encore on a fait l'économie d'une étude de la fameuse « boîte noire » que représentait le marché du travail. Il fallait formé pour permettre l'intégration des demandeurs d'emploi dans le marché du travail, sans connaître celui-ci. D'où une succession de plans visant a faire évoluer la formation. Ce fût la phase « Insertion-transition ».La « Transition » étant la période de « non-travail » avant le premier emploi.
Or la méconnaissance du marché, issue d'une approche centrée sur les demandeurs plus que sur le marché lui-même, a donné naissance à de nombreuses mesures et organismes. Celles-ci avaient pour missions d'effectuer l'insertion (dans le marché) et la transition (entre deux emplois) par la mise en adéquation entre les emplois non satisfaits et les demandeurs d'emplois. L'approche centrée sur les demandeurs et la méconnaissance du marché a amené une catégorisation du public à « insérer ». On a ainsi assisté à la création des ANPE, des Missions locales, des chantiers d'insertion, et les fameuses et récentes « Maisons de l'emploi » de M. BORLOO.
Ce rapide historique permet de comprendre la politique des structures dites « d'insertion ». En effet il est alors plus facile de savoir pourquoi elles cherchent à mettre en place et financer des formations en adéquation avec les offres d'emploi. Il est aisé de comprendre pourquoi elles orientent le public reçu vers ces formations et ces emplois.
En effet, ces structures doivent faire vite, c'est à dire insérer rapidement, et rendre des comptes à leurs financeurs (Etat, Région, Conseils Généraux,...) qui ont déterminer la marche à suivre (cahiers des charges,...).
Cette « dictature » de la mise en adéquation est d'autant plus vraie aujourd'hui depuis la négociation des partenaires sociaux concernant la gestion de l'UNEDIC ; négociation ayant donnée à l'époque la naissance du P.A.R.E. (Plan d'Aide au Retour à L'emploi) reposant sur le seul point vue des employeurs.
Aujourd'hui les ASSEDIC, l'A.N.P.E., et surtout le Gouvernement, ne parlent plus que de métiers sous-tensions (en manque de main d'œuvre et au recrutement important en nombre) et financent en priorité (pour ne pas dire uniquement) des formations s'y rapportant.
Par conséquent, on peut dire que la relation Formation-Emploi dans le domaine de l'insertion repose sur une mise en adéquation.
Or, si l'on admet:
- que dans une trentaine d'années un grand nombre de métiers seront de nouveaux métiers
- que les salariés devront changer en moyenne trois fois de métiers durant leur vie professionnelle
- que les métiers en « tension », et sur lesquels le monde de l'insertion oriente, sont ceux qui distribuent et précarisent le plus les actifs sur le marché de l'emploi (les bâtiment, la restauration)
il convient de se demander quelle sera la pertinence de cette course à l'adéquation par la formation sur des métiers qui seront au mieux que passagers et au pire disparus.
Après avoir connus le passage de la politique de non-intervention de l'Etat, puis celle de la politique de l'emploi par la mise en adéquation (par insertion-transition) nous devons enclencher une nouvelle mutation.
Il faut que la politique de l'emploi passe à une nouvelle phase : celle du développement de l'autonomie des personnes en insertion et de l'accès à la formation tout au long de la vie. Ceci afin de permettre à ces actifs de réagir face à un marché de l'emploi « galère » qui évolue sans cesse et se segmente. Il est très important, et le sera encore plus durant les prochaines années, que les personnes sachent elle-même « rebondir » et gérer leur galère (tout comme les cadres qui doivent gérer leur carrière).
Si cette quête de l'autonomie ne devient pas l'axe principal de la politique de l'emploi, l'insertion deviendra impossible.
Poursuivre une politique de l'emploi qui vise à pousser les demandeurs d'emploi vers les métiers sois-disant en manque de main d'œuvre (ceci en ne finançant que ces formations et en culpabilisant sur refusant de suivre) n'aboutira qu'à deux choses :
- aider les entreprises des secteurs précarisant ces salariés (en gérant les phases de moindres activités en demandant à la collectivité de payer ses salariés chômeurs, et en formant gratuitement ceux-ci)
- interdire à ces chômeurs de pouvoir se stabiliser et obtenir un jour une évolution professionnelle saines et permettant de consommer normalement et régulièrement
Mais le lobbying de ces secteur d'activités risquent encore de bien travailler ; et ainsi museler une quelconque envie de changement.
Si les candidats pouvaient se prononcer sur ce sujet...ou au moins parler de leur éventuelle politiques de l'emploi. Mais se positionner sur un sujet de société...